Hier soir, je suis allée voir Lescop.
Soirée mal partie, moi qui n'étais pas sortie depuis longtemps, je suis tendue de me faire bousculer de tout les côtés par la foule.
Première partie, plus que médiocre, le mec chante faux, j'ai envie d'aller supplier quelqu'un de l'aider et de lui dire d'arrêter de se ridiculiser. Je sais qu'il n'est pas simple de chanter devant un public, c'était peut être le stress (et l'âge, je pense même qu'il n'avait pas encore mué) les trémolos dans la voix.
Deuxième partie, un peu mieux, bien que pas mal déçue, le son est monstrueux, l'instrumental aussi, c'est vraiment bien partit, on s'attends alors à une voix grave pour parfaire ce mélange délicieux.. que neni, j'entends une petite voix, presque aigue, déception totale...
Les gens m'énerve, j'ai mal au dos, je crois même que je baille, merde j'ai vieilli!
Je me demande si César dort bien, si il ne va pas se réveiller et si il ne va pas pleurer de voir que sa maman n'est pas la...
Je finis par m'asseoir par terre, en attendant la suite, en évitant de me faire piétiner. Je me demande si je ne vais pas rentrer, tout en me demandant pourquoi, diantre, je n'arrive pas à m'amuser et à me secouer comme toutes ces dindes à côté de moi.
Arrive enfin, celui dont j'écoute l'album en boucle depuis des mois, dès la première écoute :
Lescop.
Et là, mon corps tout entier se réveille dès les premières notes, un son parfait, net.
Je laisse la musique monter, mes bras s'agitent, ma tête aussi, c'est foutrement bon!
Lescop, je l'ai aimé tout de suite, avec ses textes plongés dans l'acide, et ses mélodies dansantes sous influence new wave, il nous sert une pop vénéneuse comme j'adore, une musique à la fois anxieuse, tendue et pourtant suave, romantique, un rock glacial.
On sent les influences dark, joy Division, New order, les Smiths...
La musique française a un nouveau souffle.
On le compare à Etienne Daho, et je ne comprends pas. J'ai lu pas mal de critiques, pas très élogieuses, alors qu'on entends quelque chose de profond, décalé.
Le son est lourd, grave, trop tard, la musique prends possession de moi, j'ai envie de me jeter à corps perdu dans la foule, et fermer les yeux pour vivre ce moment. J'ai 16 ans.
Ca me rappelle ma période gothique ado, ce son noir. Moi aussi maintenant je danse comme une dinde, il me fallait Lescop pour ça.
L'homme me regarde,sidéré d'une telle énergie, moi qui ne suis pas sortie depuis mon enterrement de vie de jeune fille.
Je ressors guillerette comme une adolescente ayant un peu trop bu, oui parce que j'ai toujours eu l'ivresse de la musique, et ce concert était magique.
photo Aurore Krol©